dimanche 7 juillet 2013
Le tour de France
mardi 25 juin 2013
Retour aux sources
samedi 29 septembre 2012
Les gens d'en face
C'est comme de vivre face à une maison de poupée, vous savez, celles où on peux accéder directement aux pièces par derrière. Genre maison playmobil.
Il y a le vieux du rez de chaussée. Son appartement a des fenêtres grillagées. Je sais pas si il est fou, mais c’est l'impression qu'il donne quand on le voit fumer par la fenêtre de sa cage.
Juste au dessus de chez lui, c'est des jeunes, des étudiants sans doutes. Depuis qu'ils ont passé cette soirée à tirer au pistolet à billes sur les voitures garées dans la rue en gueulant "à poiiiiiiiil", je les hais.
Au dessus, il y avait un couple d'une quarantaine d'année, ils ont déménagé il y a 6 mois. J'étais bien contente. Lui il rentrait souvent bourré le soir et il gueulait sur sa femme "tu m'emmerdes, tu m'emmerdes" qu'il lui disait. Ça me faisait de la peine, et puis c'était bruyant. J'aime pas quand la violence verbale des autres s'insinue chez nous.
A coté, y a une famille d'asiatiques. Eux, ils font à manger. Tout le temps. On entend leur mixeur, parfois pendant des heures. Ou bien on entend le bruit du couteau quand ils émincent. En été, ils se baladent en slip pour échapper à la chaleur. Des fois on les entend parler dans cette langue qu'on ne comprend as. J'aime bien ça, je trouve qu'ils ont l'air sympas.
En dessous, il y a des gens qu'on entend jamais. Je crois que c’est un couple. Ils doivent avoir la trentaine, comme nous. Ils ont un chat. La seule chose qu'on voit à travers leur fenêtre, c’est la caisse à litière du chat. Il me fait un peu de peine ce chat, tout seul dans cet appartement toute la journée.
Tout en haut, l'appartement juste en face du notre, vivait un couple. Ils ont déménagé hier. Souvent, ils faisaient des soirées, avec la musique à fond et les fenêtres ouvertes. Pour que j'arrête de les espionner à travers mes rideaux, un soir ils avaient passé le haut d'une lampe hallogène par la fenêtre et l'avais braqué sur mes fenêtres. Je pense qu'ils savent ce que je pense d'eux. Ils sont la cause de ma consommation de boules Quies. Je me souvient d'une nuit, je me suis levée à 3h du matin, et ils étaient en train de danser en sautant à pieds joints.
Je ne sais pas qui vit en dessous d'eux. Cet appartement a de long rideaux, qui sont toujours tirés.
Et au premier, ils sont en train de faire des cartons. Une camionnette de déménagement vient régulièrement. D'ailleurs, il y en a de plus en plus dans la rue, des camionnettes de déménagement.
Dans 3 semaines, ça sera la notre.
samedi 25 août 2012
Toc toc toc
Comme ces amis avec qui on a perdu le contact depuis longtemps.
On sait qu'ils sont là. On les voit.
Il y a encore leur numéro dans notre répertoire. On voit leurs publications sur facebook, des photos de vacances, les "bon anniversaires" de politesse une fois par an, un sms pour la nouvelle année ponctué d'un "ça fait un bail, faudrait qu'on s'appelle".
Mais on ne sait plus comment reprendre le contact.
Les appeler ? Salut, tu deviens quoi depuis tout ce temps ?
Oui, je sais, ça fait longtemps qu'on ne s'est plus parlé, la vie, le boulot, tout ça...
Sinon je vais bien, rien de neuf.
Alors que si, plein de neuf. Forcément, depuis tout ce temps.
Mais comment le dire, comment l'expliquer, par où commencer ?
Et si au fond, on avait perdu le contact parce que, justement, on avait plus rien à se dire ?
dimanche 4 septembre 2011
Parfois c'est dimanche soir dans ta vie.

Et puis tu tombes sur ce reportage et là, tu te dis que demain, décidément, t'as vraiment pas envie d'aller bosser.
Une Génération sur la Route
samedi 27 août 2011
Défini-tif
dimanche 21 août 2011
Au même moment, à Chartres, une jeune mère de famille apprenait la mutation de son mari pour la même ville.
C'est ainsi qu'a débuté notre amitié.
Elle s'est terminée ce week end de la manière la plus brutale possible.
Tu vas me manquer.
mardi 21 juin 2011
Tous ces mois sans articles
Parce que ce soir, il pleut, je suis malade et non : je n'irais pas à la fête de la musique.
Et oui, pour une fois, si je n'y vais pas, c'est pas parce que je ne peux pas y aller seule, c'est pas parce que je travaille, c'est parce que je l'ai décidé.
Et ça, c'est beaucoup.
Et si ce soir je vous livre là un article sans queue ni tête, c'est pas parce qu'il ne se passe rien dans ma, c'est pas parce que je n'ai rien à raconter, c'est pas parce que j'ai pas envie de "provoquer le destin". Non, c'est un choix personnel.
Sachez que ces 3 derniers mois :
- j'ai eu 30 ans
- j'ai trouvé du boulot (dans la branche, tout bien),
- j'ai emménagé dans la 6ème ville la plus embouteillée d'Europe
- je suis tombée amoureuse (oui, OK, c'est toujours le même, depuis 5 ans, mais j'ai quand même envie de dire "je suis tombée amoureuse, c'est formidable, on s'aime comme des fous, c'est merveilleux", parce que parfois, entre 2 crises où je le maudit sur 6 générations, il me fait rire comme au premier jour et ça, ça n'a pas de prix)
- j'ai passé 2 jours à l'hôpital
- mes amis me manquent (oui les gens qui sont loin là)
Allez, bisous, m'en voulez pas, je vous le répète, j'ai a crève, je raconte n'importe quoi.
mardi 29 mars 2011
Superstitieuse
Parler des bonnes choses porte malheur.
J'ai du mal à me projeter dans l'avenir de manière positive. Vraiment.
Pour moi, envisager des bonnes chose, c'est prendre le risque d'être déçue, en parler, c'est pouvoir les perdre.
D'un autre coté, imaginer le pire, c'est le provoquer.
Alors je met la tête dans la terre et j'essaye de ne plus penser, de ne rien imaginer.
Et là j'ai l'impression que je vais exploser.
Et même si tout se passe pour le mieux, je n'arrive pas à me réjouir.
Même si je trouve LE boulot que je cherche.
Même si ce boulot est LA où je voulais bosser.
Même si le salaire c'est CELUI que j'espérais.
Même si j'ai pu quitter mon ancien boulot comme je le voulais.
Je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'a un moment, on regrette d'avoir obtenu ce qu'on voulait.
J'ai l'impression d'être au dessus du vide, sans filet.
Une nouvelle vie commence et moi, comme une conne, je ne peux pas m'empêcher de penser aux trucs positifs que j'avais dans cette ancienne vie, même si quand j'avais le nez dedans, je ne les voyais pas.
cion,
vendredi 11 mars 2011
La suite
Cette semaine, je suis allée au cinéma. Comme ça, un soir, toute seule, un de ces petits moments pour moi que j'apprécie tant (et qui se font si rares).
Et là, alors je je tournais dans le centre ville avec ma voiture pour trouver une place (le film finissait à minuit, soit après le dernier tram, j'étais donc bien obligée de sortir la bagnole), une petite idée à germé dans ma tête.
« C'est peut être une des dernières fois où tu peux te faire un ciné le soir après le boulot ».
C'est vrai ça, y en a des ciné au pays de Heidi?
Des vrais cinéma hein, ceux avec les fauteuils rouge et les prospectus à l'entrée, pas une salle des fêtes où on a ramené les chaises de l'école pour projeter Avatar.
Le lendemain, je suis partie faire les courses, avec mon petit caddie (je dis « petit » parce que je le trouve mignon mais en fait il est immense). Quand a surgit la même idée.
« C'est peut être une des dernière fois que tu peux aller faire tes courses à pied ».
Et puis en y réfléchissant bien, je me suis rendue compte de tous ces petits rien auxquels j'allais devoir dire au revoir.
Aller à la piscine.
Manger des moules frites un lundi soir.
Acheter Causette (y a pas dans la Pampa Causette, ils connaissent pas j'ai regardé sur leur site. Ici, Causette je le trouve chez le marchand de journaux en bas de chez moi.)
Et puis j'ai pensé à mon chéri, mon mec, mon homme, ma moitié, mon roudoudou, mon amour, mon cœur, l'objet de mes désir.
Ok, c'est pas un gars de la ville.
(Par définition, un vosgien ne peut pas être un gars de la ville).
Mais quand il m'a dit « tu sais au fond, je préfèrerais qu'on aille vivre à Paris et pourtant tu sais ce que je pense de Paris » je me suis dit que non, ça allait pas être possible.
On se fera chier.
On reprendra la télé pour regarder Gey's Anatomy le mercredi soir.
On écoutera NRJ dans la voiture en allant au boulot...
Alors quand hier, la dame des ressources humaines m'a expliqué que malgré mes qualités, ils ont préféré choisir quelqu'un d'autre, je dirais pas que ça m'a fait plaisir... mais quelque part, ça m'a soulagée.
mercredi 2 mars 2011
Adieu veaux, vaches, cochons
Tiens c'est où ce bled?
Un petit village de montagne, très charmant, un peu loin mais mignon.
Et si.
Et si c'était là l'occasion d'une nouvelle vie?
L'occasion d'enfin avoir un travail qui me plait, et bien payé.
Pourquoi ne pas vivre à la campagne?
Ouvrir mes volets sur de la verdure, loin des bruits de klaxon et de la pollution.
Marcher dans l'herbe, faire des balades et des barbecue le dimanche.
Avoir un chien et une bonne paie à la fin du mois qui me permettrais de m'organiser des petits week end sympas.
« Votre candidature nous intéresse ».
2h de route aller, 10€ de péage.
Une vallée toute grise, encaissée, traversée par une route, perchée en haut d'un viaduq. Des tunnels à n'en plus finir. Des camions.
Là,en bas, dans le brouillard, des villages, tous plus gris les uns que les autres.
Une enfilade de hangars délabrés, recouverts de graffitis.
Des resto routiers miteux avec leurs parkings pour poids lourds digne des bouquins de Stephen King. Une aire de repos avec une croix gammée dessinée sur la porte des chiottes.
Des scieries entourées de forets à moitiés rasées.
Une route qui monte dans la montagne et qui n'en fini pas de monter bordée de part et d'autre de piquets de neige de 2m de haut.
Un village désertique dont l'unique supérette/bar/tabac n'ouvre que 2h par jour.
Des hôtels restaurants à l'abandon. Des pancartes « à vendre » aussi nombreuses que les places de parkings.
Plus de 2h d'entretien à me dire que mon mec m'attend dans la bagnole et qu'il doit trouver le temps encore plus long que moi. Et pourquoi moi? Quelles sont mes qualités et mes défauts? Exercice sur Excel. Questions réponses en anglais.
Puis 2h de route retour, 10€ de péage.
Je croyais pas qu'un jour je serais contente de retrouver la ville où je vis.
Et maintenant.
Maintenant si ils me disent oui, je vais être mal. Le poste est à pourvoir "rapidement" ce qui veux dire trouver un appart en 2 jour, faire des cartons et déménager en une semaine (et là je me dt "heureusement que j'ai pas de gamins").
Et si ils me disent non je vais encore me dire que de toutes façons je ne trouverai jamais de poste.
En attendant, demain j'ai standard.
jeudi 3 février 2011
Avez vous remarqué?
Mon voisin, chaque matin, quand il se lève (à 7h50), son chien aboie. Et chaque matin il lui répond "ta gueule enculé".
Déjà, je trouve ça super classe de traiter son chien d'enculé. Ça montre une certaine éducation et un sens des bonnes manières.
Ça me rappelle quand j'étais gamine et que mon père me traitait de fille d'imbécile quand je faisais une connerie (mon père a un grand sens de l'humour).
Sauf que mon père avait le bon gout et la délicatesse de ne pas hurler de telle sorte à ce que les voisins de 2 étages au dessus de chez nous l'entende.
J'aime pas les gens qui ne disent pas bonjour.
Et j'aime encore moins ceux qui ne répondent pas quand on leur dit bonjour.
Mais ceux qui m'énervent par dessus tout, c'est ceux qui me disent "surtout ne te marie jamais".
Déjà parce que merde, je fais ce que je veux (même si effectivement je ne pense pas me marier un jour)
Mais ce qui m'énerve encore plus tout chez ces gens là, c'est que ce sont les premiers à me dire de me dépêcher de faire des enfants parce que "après 30 ans c'est plus pareil".
Apprenez à vivre avec 900€ par mois et on en reparlera de vos leçons de vie OKAY?!
(nan mais pour moi y a un lien évident entre le fait de vivre avec 900€/mois et le fait de ne pas faire d'enfant, c'est pas super clair pour tout le monde mais je vous assure que pour moi c'est limpide)
jeudi 6 janvier 2011
Allo?
Nous sommes la relève.
Quand on m'a présenté le poste, on m'a dit "elles ne font plus l'affaire, elles travaillent mal, elles ont pris leurs petites habitudes et ne sont plus motivées, vous commencez cet après midi."
L'après midi en question, j'ai appris qu'en fait je remplaçais une autre fille qui avait tenu une demi journée. Je suis le 2ème choix, le plan B.
Mais bon, c'est du boulot, standardiste à mi-temps.
La relève arrive donc là, parachutée.
Un téléphone blanc gris sale, un radiateur bancal et un ordinateur de 1993.
Pour transférer les appels? c'est facile : les numéros pré-enregistrés qui ne sont plus les bons, mais c'est pas grave, on a un listing...avec des numéros qui ne sont plus les bons non plus.
Et puis y a les "passes moi Michel", y a les clients qui veulent parler au "petit vendeur blond bien sympa", y a ceux qui comprennent pas que, parfois, les gens ne sont pas disponibles.
Et puis les autres employés qui te gueulent dessus parce que t'as pas fait le renvoi de la ligne à midi mais qui peuvent pas te dire OU il faut renvoyer la ligne parce que "c'est ton boulot, pas le mien" (le 1er jour, ça met dans l'ambiance).
Et le temps qui ne passe pas.
Cette grande horloge accrochée au mur qui me nargue.
Et puis peu à peu, on apprend.
L'une d'elle était là depuis 8 ans, on l'a mutée à 200km.
L'autre est enceinte, mutée à 60 km.
En feuilletant l'agenda de 2010, j'ai trouvé les petits mots qu'elles se laissaient.
C'est marrant, parce que la fille qui fait le poste de l'après midi et moi, on s'en laisse aussi, même si ça fait que 2 jours qu'on bosse et qu'on est même pas ensemble puisque qu'on en se croise même pas.
Là il trainait des "bon anniversaire", "alors fille ou garçon?". D'une écriture ronde et un peu enfantine, des surlignages au fluo multicolore. Et je me suis dit qu'elles, elles savaient que pour passer un appel à "Micheline" il faut cliquer sur "Paulette", elles elles savaient à quelle heure ferme tel ou tel service.
Finalement je me rend compte que j'ai toujours détesté téléphoner et ce qui me fait peur, c'est que je sais qu'en fin de compte, je vais finir par m'y faire.

dimanche 2 janvier 2011
Bilan 2010
Je suis re-tombée amoureuse de mon homme.
J'ai repris la cigarette.
J'ai eu mon DUT.
Mon homme a trouvé puis perdu son travail.
J'ai changé d'appart pour un plus grand.
J'ai lu des pages et des pages de livres.
J'aurais du
Être plus ouverte aux autres.
Sortir plus.
Aller plus souvent au ciné.
Rester zen.
En 2011
1 -Je VEUX un boulot, un vrai, un qui occupe mes journées et qui me permet de vivre dignement.
2 -Rencontrer du monde ça serait bien aussi ça me permettrait d'arrêter de trainer avec les boulets que je fréquentais au lycée et qui déjà à l'époque étaient les champions du lâchage de dernière minute. (oui, le coup du réveillon je l'ai toujours en travers de la gueule là)
3 -J'arrête d'être odieuse avec mon entourage.
4 -J'évite les cons et j'arrête d'être polie inutilement avec eux.
5 -Je ne sors plus faire mes courses habillée comme un sac et pas maquillée parce que ÇA AUSSI ça joue sur le moral.
6 -D'une manière générale, je m'occupe de moi et j'essaye d'aller chez le coiffeur un peu plus souvent qu'une fois par an (voir résolution n°1)
Bref : je fais DU TRI et je pense un peu plus à ma gueule.
(mais je vous aime quand même, paix et amour sur la terre)
jeudi 23 décembre 2010
Joyeux Noël
D'habitude j'aime bien Noël.
Mais là, hier soir, quand mon copain m'a annoncé qu'il avait perdu son boulot, ça a fini de me donner envie de partir loin, loin loin.
Pour ces qui se poseraient la question, non, il n'a pas fait de connerie, c'est juste que le pôle emploi a décidé de supprimé les subventions des emplois aidés, ce qui a pour effet de mettre dans la merde à la fois les salariés, mais aussi les employeurs.
Joyeux Noël avec l'administration française! Whouhou!
Donc voilà, cette année, j'ai pas envie que ce soit Noël.
Parce que j'évite de plus en plus de gens pour ne pas avoir à leur donner de mes nouvelles (et leur annoncer ainsi ouvertement que oui : ma vie c'est de la merde).
Et ces gens que j'évite, y en a dans ma famille.
J'en ai marre des « mais t'as pensé à envoyer un CV à Mac Do? » et de ce genre de conneries.
Y a pas longtemps, je discutais avec quelqu'un à qui j'expliquais que je me sentais mieux dans mes pompes aujourd'hui qu'à 20 ans.
C'est vrai, à 20 ans, j'habitais à Saint Étienne et j'étais au chômage...
Dix ans plus trad, j'en suis toujours au même point.
Finalement, la « précarité des jeunes », quand ça s'arrête, c'est pas parce qu'on est plus précaires, c'est parce qu'on est plus jeunes.
Parfois j'aimerais vraiment être quelqu'un d'autre. Juste une journée comme ça, pour voir.
samedi 4 décembre 2010
J'ai envie de neige.
Je sais, partout, on ne nous parle que de la météo, du froid qui s'installe et de la neige qui tombe.
C'est chiant les gens qui parle de météo. C'est le sujet de discussion qu'on a avec les gens qu'on ne connais pas et à qui on ne sait pas quoi dire.
Mais moi j'ai envie d'en parler, tant pis pour vous, ici c'est mon blog et c'est moi qui choisi les sujet (et si ça vous plait pas, j'attends vos propositions).
Bref, il neige.
Ce truc blanc recouvre tout et de chez moi, je n'entend plus le bruit des voitures.
J'ai envie d'aller faire du ski avec mon papa.
J'ai envie de faire des bonhommes de neige avec mes cousins (OK, le plus jeune a 17ans, même lui a passé l'age).
J'ai envie de faire des ballades au milieu des champs immaculés.
J'ai envie de boire du cacao au coin de la cheminée (ou du radiateur vu que je n'ai pas de cheminée) en regardant la tempête dehors.
Ici, ça fond.
Hier chez mes parents il en est encore tombé 10 cm mais ici ça fond et les voitures reviennent.
Je veux de la neige.
Partout, des congères, des kilos et des kilos de neige.
Je veux que la neige empêche les gens de sortir de chez eux, que les magasins ne soient plus approvisionnés, comme l'année dernière.
Je ne sors pas de chez moi.
Mes seules sorties sont pour faire les courses et j'ai horreur de ça.
Je n'ai pas d'autres occasions.
Pas d'argent à dépenser, rien à voir ou à faire là dehors.
Je n'ai pas envie de voir du monde.
Voir du monde, ça veut dire dépenser de l'argent, pour prendre le bus, boire un verre, apporter un gâteau et de l'argent je n'en ai pas.
Je veux qu'il y ait de la neige pour que tout le monde soit comme moi.
Pas pour les mêmes raisons, mais tous dans le même bateau.
vendredi 15 octobre 2010
Commentaire
J'ai peur de paraitre aigrie, peur de mal m'exprimer, peur d'être mal comprise, critiquée ou jugée.
Donc à la suite de ce que j'ai lu chez Chulie et chez Zelda, je me rend compte que j'ai suivi ce « tu es responsable de ton boulot de merde, t’as qu’à reprendre tes études, changer de boulot, être plus combatif ». Je l'ai appliqué ça à ma propre vie.
Lassée de ne pas avoir de boulot, à l'age de 24 ans, j'ai choisi de m'engager dans un secteur qui embauchait.
Je bossais non stop, j'étais rappelée au milieu de la nuit ou pendant mes jours de repos. Je vivais avec mes collègues, pour le meilleur (les barbecue les soirs d'été) et pour le pire (mon chef derrière sa fenêtre à surveiller toutes les personnes qui venaient chez moi).
Je gérais les crises des autres, mais on me reprochait toujours de ne pas en faire assez.
On m'a aussi reproché d'avoir invité mes parents chez moi pour Noël : « visiblement, votre priorité n'est pas votre carrière ».
Et puis un jour, j'en ai eu marre, un jour j'ai craqué et comme j'avais un chéri sur qui je pouvais (et je peux toujours) compter, j'ai décidé de reprendre ces études que je n'avais jamais pu faire. Parce que oui, espérer trouver un travail correct avec un niveau bac, de nos jour c'est une utopie.
Partir n'était pas un choix. C'était une décision. J'ai pris la décision de changer de cap comme on prend la décision de soigner un cancer. On a le choix de ne pas le faire, mais on sait que si on ne le fait pas, ça va nous tuer.
Je pèse mes mots. Quelques semaines avant mon départ, un collègue s'est suicidé, puis un autre a fait une tentative quelques mois plus tard.
Je passe les détails sur mes 2 ans d'études où mon mec était au chômage. J'ai obtenu mon diplôme. Bac +2 à 29 ans. C'est pas flamboyant, mais c'est mieux que rien.
Aujourd'hui, je n'ai pas de travail, et comme j'ai eu la bonne idée de démissionner, je n'ai pas droit au chômage.
J'ai passé des entretiens, mais on me reproche mon manque d'expérience. Je me suis inscrite en intérim, mais là aussi, on m'a répondu que je n'avais pas d'expérience et que les employeurs demandaient des gens expérimentés...
L'histoire de l'œuf et de la poule.
A une époque de ma vie, comme beaucoup de gens je pense, je rêvais de faire une carrière artistique. On m'a répondu, et à juste titre, que ce n'étais pas un plan envisageable, que j'allais vivre dans la précarité, que je n'aurais pas de revenu fixe, que je ne pourrais pas faire vivre une famille avec ça.
Là, j'en suis au même point mais ce que je cherche, c'est juste un boulot normal.
Autour de moi, mes amies font des enfants, achètent des appartements, se marient.
Je me dit que ce n'est pas la vie que j'ai envie d'avoir, mais finalement, ce n'est pas un choix.
Alors oui, aussi paradoxalement que ça puisse paraître, je m'inquiète pour ma retraite.
Je les entend bien les « tu ferais mieux de bosser avant de te soucier de partir en retraite ». Sauf que si je bosse pas, je n'aurais jamais de retraite. Et si les gens ne partent pas en retraite, les postes auxquels je pourrais prétendre seront occupés.
Et au fond, je me dit que pour beaucoup de gens, comme pour moi, cette histoire de retraite n'est que la conséquence d'un malaise plus profond.
mercredi 13 octobre 2010
Grenoble me manque.
Je crois que plus que la ville en elle même, ce qui me manque, c'est la vie que j'avais là bas.
Avec le recul, bien sur, je me rend compte que j'aurais du en profiter plus, voir plus de monde, partager plus de choses, sortir de ma coquille.
C'est sur que c'est pas ici que je vais le faire, c'est impossible.Ici les gens ont des a prioris, ou ils se connaissent tous depuis l'école primaire.
Même si c'est faux, je le sais.
De même que je sais qu'il ne fait pas plus moche ici que là bas.
Pour moi le ciel est gris tous les jours, et même si il ne l'est pas, le gris des murs se reflète dedans.
Les soirées jeu du jeudi soir me manquent.
La bière n'a pas le même goût sans la Fille aux Craies et je sais plus avec qui partager mes cakes.
Les déplacements en vélo me manquent.
Même quand il faisait froid, même quand j'arrivais chez moi mouillée dans mon petit appartement où je retrouvais mon chômeur adoré.
Aujourd'hui, la chômeuse c'est moi. Sans aucun revenu depuis 4 mois.A m'entendre dire inlassablement qu'il n'y a pas de poste à pourvoir ou que quelqu'un de plus expérimenté que moi a été retenu.
Parfois j'ai l'impression que dans 10 ans j'en serais toujours au même point. Il y aura toujours quelqu'un de plus expérimenté.
Plus ça va et moins j'y crois.
Les cours me manquent.Me lever le matin pour faire quelque chose avec d'autres personnes me manque. Parfois je ressort mes stylos et j'ai envie d'écrire des pages et des pages.
Mais tout ce que j'ai à recopier ce sont des recettes de cuisine que je ne ferais jamais.
La Bastille et la vue sur Chamrousse me manque.Je ne vois plus le Vercors de ma fenêtre, pourtant il continue de me hanter.
Ses photos sont là, dans mon téléphone portable, comme les SMS d'un ex que je relirais pour me faire du mal.
mardi 5 octobre 2010
"La forêt des Mânes"
Ouvrir un livre de Jean Christophe Grangé, pour moi, ça veut dire me couper du monde.
Je sais quand j'en entame un que je ne vais plus rien faire d'autre que lire dans les jours à venir.
Et puis la nuit aussi, tard.
Ses histoires ne sont absolument jamais crédibles. L'intérêt n'est pas là.
C'est toujours assez violent, on se dit heureusement que c'est un livre et pas un film...même en livre j'arrive à faire des cauchemars (je suis une personne sensible, oui, je sais).
Les personnages sont improbables, là c'est une juge qui se transforme en wonderwoman à la recherche d'un tueur sanguinaire. Elle ne dort plus, elle se bat contre des trucs 8 fois plus forts qu'elle, elle sauve même un pompier des flammes.
Non, mais l'intérêt n'est pas là.
L'intérêt c'est ce suspens si bien dosé. C'est chaque chapitre qui donne envie de lire celui d'après.
Les livres de Jean Christophe Grangé sont toujours d'énormes pavés : on sait qu'on en aura pour son argent (façon de parler puisque pour ma part, je les empruntes à la bibliothèque).
Et surtout, chacun de ses roman nous emmène dans une contrée lointaine et mystérieuse.
Là on s'en va en Amérique du sud. Et comme à chaque fois, on a l'impression d'y être.
vendredi 24 septembre 2010
Le collant
Si les avis des historiens divergent quant à la date de cette invention, son origine est aujourd'hui incontestée.
La preuve par 4 :
1- Le collant file. Toujours, et ce n'est jamais au bon moment.
En effet, le collant ne file pas quand on est tranquille à la maison après une dure journée de boulot ou pendant un dimanche après midi douillet. Non, le collant file dans le bus quand tu pars de chez toi et que t'en en a pas de rechange dans ton sac.
2 - Le collant gratte, et ne me dites pas que ça ne m'arrive qu'a moi (si? bon, c'est vrai que j'ai la peau sensible, j'ai des allergies cutanées à peu près à tout).
3 - Le collant est taillé comme un sac. Déjà, il n'y a pas devant, ni de derrière ce qui fait qu'il monte toujours plus haut devant que derrière... Mais en plus, il est toujours trop large aux jambes et il boudine la taille...au point de laisser une charmante marque rouge tout le tour du bide.
4 - Le collant glisse. Parce que même si il serre la taille A MORT, il y a toujours un moment où l'entrejambe du collant se trouve au niveau de tes cuisses.
Le collant est à la femme ce que le cintre est à Pierres Desproges.
J'en était arrivée à ces conclusions alors que j'essayais les multiples paires que je possède, bien cachée derrière la fenêtre de ma chambre, lorsque le peintre qui refait la façade de l'immeuble d'en face m'a fait coucou de la main. J'ai un doute quant à l'opacité de mes rideaux...