vendredi 11 mars 2011

La suite

C'est quand on est sur le point de perdre les choses qu'on se rend compte qu'au fond, on y tient.

Cette semaine, je suis allée au cinéma. Comme ça, un soir, toute seule, un de ces petits moments pour moi que j'apprécie tant (et qui se font si rares).
Et là, alors je je tournais dans le centre ville avec ma voiture pour trouver une place (le film finissait à minuit, soit après le dernier tram, j'étais donc bien obligée de sortir la bagnole), une petite idée à germé dans ma tête.
« C'est peut être une des dernières fois où tu peux te faire un ciné le soir après le boulot ».
C'est vrai ça, y en a des ciné au pays de Heidi?
Des vrais cinéma hein, ceux avec les fauteuils rouge et les prospectus à l'entrée, pas une salle des fêtes où on a ramené les chaises de l'école pour projeter Avatar.

Le lendemain, je suis partie faire les courses, avec mon petit caddie (je dis « petit » parce que je le trouve mignon mais en fait il est immense). Quand a surgit la même idée.
« C'est peut être une des dernière fois que tu peux aller faire tes courses à pied ».

Et puis en y réfléchissant bien, je me suis rendue compte de tous ces petits rien auxquels j'allais devoir dire au revoir.
Aller à la piscine.
Manger des moules frites un lundi soir.
Acheter Causette (y a pas dans la Pampa Causette, ils connaissent pas j'ai regardé sur leur site. Ici, Causette je le trouve chez le marchand de journaux en bas de chez moi.)


Et puis j'ai pensé à mon chéri, mon mec, mon homme, ma moitié, mon roudoudou, mon amour, mon cœur, l'objet de mes désir.
Ok, c'est pas un gars de la ville.
(Par définition, un vosgien ne peut pas être un gars de la ville).
Mais quand il m'a dit « tu sais au fond, je préfèrerais qu'on aille vivre à Paris et pourtant tu sais ce que je pense de Paris » je me suis dit que non, ça allait pas être possible.

On se fera chier.
On reprendra la télé pour regarder Gey's Anatomy le mercredi soir.
On écoutera NRJ dans la voiture en allant au boulot...

Alors quand hier, la dame des ressources humaines m'a expliqué que malgré mes qualités, ils ont préféré choisir quelqu'un d'autre, je dirais pas que ça m'a fait plaisir... mais quelque part, ça m'a soulagée.

mercredi 2 mars 2011

Adieu veaux, vaches, cochons

Sur le papier: une offre d'emploi, dans mes cordes, dans ma région, en CDI.
Tiens c'est où ce bled?
Un petit village de montagne, très charmant, un peu loin mais mignon.

Et si.
Et si c'était là l'occasion d'une nouvelle vie?
L'occasion d'enfin avoir un travail qui me plait, et bien payé.
Pourquoi ne pas vivre à la campagne?
Ouvrir mes volets sur de la verdure, loin des bruits de klaxon et de la pollution.
Marcher dans l'herbe, faire des balades et des barbecue le dimanche.
Avoir un chien et une bonne paie à la fin du mois qui me permettrais de m'organiser des petits week end sympas.

« Votre candidature nous intéresse ».

2h de route aller, 10€ de péage.

Une vallée toute grise, encaissée, traversée par une route, perchée en haut d'un viaduq. Des tunnels à n'en plus finir. Des camions.
Là,en bas, dans le brouillard, des villages, tous plus gris les uns que les autres.
Une enfilade de hangars délabrés, recouverts de graffitis.
Des resto routiers miteux avec leurs parkings pour poids lourds digne des bouquins de Stephen King. Une aire de repos avec une croix gammée dessinée sur la porte des chiottes.
Des scieries entourées de forets à moitiés rasées.
Une route qui monte dans la montagne et qui n'en fini pas de monter bordée de part et d'autre de piquets de neige de 2m de haut.
Un village désertique dont l'unique supérette/bar/tabac n'ouvre que 2h par jour.
Des hôtels restaurants à l'abandon. Des pancartes « à vendre » aussi nombreuses que les places de parkings.

Plus de 2h d'entretien à me dire que mon mec m'attend dans la bagnole et qu'il doit trouver le temps encore plus long que moi. Et pourquoi moi? Quelles sont mes qualités et mes défauts? Exercice sur Excel. Questions réponses en anglais.

Puis 2h de route retour, 10€ de péage.
Je croyais pas qu'un jour je serais contente de retrouver la ville où je vis.

Et maintenant.

Maintenant si ils me disent oui, je vais être mal. Le poste est à pourvoir "rapidement" ce qui veux dire trouver un appart en 2 jour, faire des cartons et déménager en une semaine (et là je me dt "heureusement que j'ai pas de gamins").
Et si ils me disent non je vais encore me dire que de toutes façons je ne trouverai jamais de poste.
En attendant, demain j'ai standard.

jeudi 3 février 2011

Avez vous remarqué?

Dans la vie, il y a plein de personnes qui m'énervent.

Mon voisin, chaque matin, quand il se lève (à 7h50), son chien aboie. Et chaque matin il lui répond "ta gueule enculé".
Déjà, je trouve ça super classe de traiter son chien d'enculé. Ça montre une certaine éducation et un sens des bonnes manières.
Ça me rappelle quand j'étais gamine et que mon père me traitait de fille d'imbécile quand je faisais une connerie (mon père a un grand sens de l'humour).
Sauf que mon père avait le bon gout et la délicatesse de ne pas hurler de telle sorte à ce que les voisins de 2 étages au dessus de chez nous l'entende.

J'aime pas les gens qui ne disent pas bonjour.
Et j'aime encore moins ceux qui ne répondent pas quand on leur dit bonjour.

Mais ceux qui m'énervent par dessus tout, c'est ceux qui me disent "surtout ne te marie jamais".
Déjà parce que merde, je fais ce que je veux (même si effectivement je ne pense pas me marier un jour)
Mais ce qui m'énerve encore plus tout chez ces gens là, c'est que ce sont les premiers à me dire de me dépêcher de faire des enfants parce que "après 30 ans c'est plus pareil".

Apprenez à vivre avec 900€ par mois et on en reparlera de vos leçons de vie OKAY?!
(nan mais pour moi y a un lien évident entre le fait de vivre avec 900€/mois et le fait de ne pas faire d'enfant, c'est pas super clair pour tout le monde mais je vous assure que pour moi c'est limpide)

jeudi 6 janvier 2011

Allo?

Les anciennes sont parties.
Nous sommes la relève.

Quand on m'a présenté le poste, on m'a dit "elles ne font plus l'affaire, elles travaillent mal, elles ont pris leurs petites habitudes et ne sont plus motivées, vous commencez cet après midi."
L'après midi en question, j'ai appris qu'en fait je remplaçais une autre fille qui avait tenu une demi journée. Je suis le 2ème choix, le plan B.
Mais bon, c'est du boulot, standardiste à mi-temps.

La relève arrive donc là, parachutée.
Un téléphone blanc gris sale, un radiateur bancal et un ordinateur de 1993.
Pour transférer les appels? c'est facile : les numéros pré-enregistrés qui ne sont plus les bons, mais c'est pas grave, on a un listing...avec des numéros qui ne sont plus les bons non plus.
Et puis y a les "passes moi Michel", y a les clients qui veulent parler au "petit vendeur blond bien sympa", y a ceux qui comprennent pas que, parfois, les gens ne sont pas disponibles.
Et puis les autres employés qui te gueulent dessus parce que t'as pas fait le renvoi de la ligne à midi mais qui peuvent pas te dire OU il faut renvoyer la ligne parce que "c'est ton boulot, pas le mien" (le 1er jour, ça met dans l'ambiance).
Et le temps qui ne passe pas.
Cette grande horloge accrochée au mur qui me nargue.

Et puis peu à peu, on apprend.
L'une d'elle était là depuis 8 ans, on l'a mutée à 200km.
L'autre est enceinte, mutée à 60 km.

En feuilletant l'agenda de 2010, j'ai trouvé les petits mots qu'elles se laissaient.
C'est marrant, parce que la fille qui fait le poste de l'après midi et moi, on s'en laisse aussi, même si ça fait que 2 jours qu'on bosse et qu'on est même pas ensemble puisque qu'on en se croise même pas.

Là il trainait des "bon anniversaire", "alors fille ou garçon?". D'une écriture ronde et un peu enfantine, des surlignages au fluo multicolore. Et je me suis dit qu'elles, elles savaient que pour passer un appel à "Micheline" il faut cliquer sur "Paulette", elles elles savaient à quelle heure ferme tel ou tel service.

Finalement je me rend compte que j'ai toujours détesté téléphoner et ce qui me fait peur, c'est que je sais qu'en fin de compte, je vais finir par m'y faire.

dimanche 2 janvier 2011

Bilan 2010

En 2010
Je suis re-tombée amoureuse de mon homme.
J'ai repris la cigarette.
J'ai eu mon DUT.
Mon homme a trouvé puis perdu son travail.
J'ai changé d'appart pour un plus grand.
J'ai lu des pages et des pages de livres.

J'aurais du
Être plus ouverte aux autres.
Sortir plus.
Aller plus souvent au ciné.
Rester zen.

En 2011
1 -Je VEUX un boulot, un vrai, un qui occupe mes journées et qui me permet de vivre dignement.
2 -Rencontrer du monde ça serait bien aussi ça me permettrait d'arrêter de trainer avec les boulets que je fréquentais au lycée et qui déjà à l'époque étaient les champions du lâchage de dernière minute. (oui, le coup du réveillon je l'ai toujours en travers de la gueule là)
3 -J'arrête d'être odieuse avec mon entourage.
4 -J'évite les cons et j'arrête d'être polie inutilement avec eux.
5 -Je ne sors plus faire mes courses habillée comme un sac et pas maquillée parce que ÇA AUSSI ça joue sur le moral.
6 -D'une manière générale, je m'occupe de moi et j'essaye d'aller chez le coiffeur un peu plus souvent qu'une fois par an (voir résolution n°1)

Bref : je fais DU TRI et je pense un peu plus à ma gueule.
(mais je vous aime quand même, paix et amour sur la terre)

jeudi 23 décembre 2010

Joyeux Noël

D'habitude j'aime bien Noël.

Mais là, hier soir, quand mon copain m'a annoncé qu'il avait perdu son boulot, ça a fini de me donner envie de partir loin, loin loin.

Pour ces qui se poseraient la question, non, il n'a pas fait de connerie, c'est juste que le pôle emploi a décidé de supprimé les subventions des emplois aidés, ce qui a pour effet de mettre dans la merde à la fois les salariés, mais aussi les employeurs.

Joyeux Noël avec l'administration française! Whouhou!


Donc voilà, cette année, j'ai pas envie que ce soit Noël.

Parce que j'évite de plus en plus de gens pour ne pas avoir à leur donner de mes nouvelles (et leur annoncer ainsi ouvertement que oui : ma vie c'est de la merde).

Et ces gens que j'évite, y en a dans ma famille.

J'en ai marre des « mais t'as pensé à envoyer un CV à Mac Do? » et de ce genre de conneries.


Y a pas longtemps, je discutais avec quelqu'un à qui j'expliquais que je me sentais mieux dans mes pompes aujourd'hui qu'à 20 ans.

C'est vrai, à 20 ans, j'habitais à Saint Étienne et j'étais au chômage...

Dix ans plus trad, j'en suis toujours au même point.

Finalement, la « précarité des jeunes », quand ça s'arrête, c'est pas parce qu'on est plus précaires, c'est parce qu'on est plus jeunes.


Parfois j'aimerais vraiment être quelqu'un d'autre. Juste une journée comme ça, pour voir.


samedi 4 décembre 2010

J'ai envie de neige.

Je sais, partout, on ne nous parle que de la météo, du froid qui s'installe et de la neige qui tombe.

C'est chiant les gens qui parle de météo. C'est le sujet de discussion qu'on a avec les gens qu'on ne connais pas et à qui on ne sait pas quoi dire.

Mais moi j'ai envie d'en parler, tant pis pour vous, ici c'est mon blog et c'est moi qui choisi les sujet (et si ça vous plait pas, j'attends vos propositions).


Bref, il neige.

Ce truc blanc recouvre tout et de chez moi, je n'entend plus le bruit des voitures.

J'ai envie d'aller faire du ski avec mon papa.

J'ai envie de faire des bonhommes de neige avec mes cousins (OK, le plus jeune a 17ans, même lui a passé l'age).

J'ai envie de faire des ballades au milieu des champs immaculés.

J'ai envie de boire du cacao au coin de la cheminée (ou du radiateur vu que je n'ai pas de cheminée) en regardant la tempête dehors.

Ici, ça fond.

Hier chez mes parents il en est encore tombé 10 cm mais ici ça fond et les voitures reviennent.

Je veux de la neige.

Partout, des congères, des kilos et des kilos de neige.

Je veux que la neige empêche les gens de sortir de chez eux, que les magasins ne soient plus approvisionnés, comme l'année dernière.


Je ne sors pas de chez moi.

Mes seules sorties sont pour faire les courses et j'ai horreur de ça.

Je n'ai pas d'autres occasions.

Pas d'argent à dépenser, rien à voir ou à faire là dehors.

Je n'ai pas envie de voir du monde.

Voir du monde, ça veut dire dépenser de l'argent, pour prendre le bus, boire un verre, apporter un gâteau et de l'argent je n'en ai pas.

Je veux qu'il y ait de la neige pour que tout le monde soit comme moi.

Pas pour les mêmes raisons, mais tous dans le même bateau.